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1749 miles, le premier roman de Fabienne Blanchut

La planète du singe !

Le vendredi 09 décembre 2016 à 11:06:25 - 0 commentaire

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Il y a quelques heures, nous avons appris que le légendaire astronaute John Glenn était décédé à l'âge de 95 ans. Il avait été en 1962 le premier astronaute à effectuer un vol orbital autour de la Terre. Quelques mois auparavant, c'est un singe qui est parti dans l'espace. Ham, devenu une véritable légende aux États-Unis. C'est cette histoire qu'a voulu raconter Fabienne Blanchut pour son premier roman après 10 ans d'albums : 1749 miles. Il paraît aujourd'hui !

 

 

 

Premier roman après 10 ans d'écriture d'albums (La série des Princesse Parfaites et des Coquinettes) pour les plus jeunes des lecteurs. C'était une envie de faire autre chose ?

Non. Plus comme une évidence de vouloir raconter cette histoire en particulier et une certitude qu'elle serait impossible à faire en album. Donc le roman s'est imposé comme ça. J'étais très obsédé par ce chimpanzé et par ce que je pouvais raconter autour. En tant qu'auteur, je voulais savoir si ça allait être possible pour moi de le faire, de faire en sorte que la petite histoire raconte la grande. Trouver des personnages emblématiques comme l'est ce chimpanzé…

 

Oui, il faut dire que Ham, le chimpanzé, existe. On peut lire sa vie factuelle sur internet…

C'est incroyable ! Ce chimpanzé a eu la deuxième meilleure audience aux États-Unis à la télévision, après l'investiture de Kennedy auquel, d'ailleurs, il a serré la main après son vol suborbital… Ham a eu une couverture médiatique incroyable, il a fait la une du Times !

 

Pourquoi le grand public a-t-il un peu « oublié » cette histoire ?
Je ne suis pas certaine qu'on l'ait oublié. On se souvient d'avantage de Laïka, cette petite chienne russe envoyée dans l'espace et qui n'en est jamais revenu. Je pense que c'est ça qui a touché les enfants. Ham est revenu et six mois après, on lançait les premiers hommes dans l'espace. Alan Shepard a fait son premier vol et d'un coup, l'Homme a pris plus de place dans cette conquête spatiale, il fallait vraiment que les américains damnent le pion aux Russes. Et un chimpanzé c'est quand même « moins bien » qu'une astronaute…

 

Quelles ont été vos recherches sur Ham ?

J'ai vu beaucoup de photos. Notamment le moment où ce singe mord dans une pomme, où il serre la main de Kennedy… On connaît très bien la vie de Ham pendant ses 26 ans, on sait exactement ce qu'il a fait. Il était un chimpanzé orphelin dans une forêt, on l'a ramené aux États-Unis et on l'a fait intégrer ce programme des singes astronautes. Revenu à Washington, il a vieilli dans un zoo en Caroline du Nord et a été enterré au musée de l'aérospatiale au Nouveau-Mexique. Il a une biographie très claire. En me servant de ces choses qui ont existé, avec des points de détails qui m'ont plu, j'ai créé ce roman en m'appuyant dessus pour faire mon héros qui devient zoologue, qui vit au Nouveau-Mexique… La petite histoire dans la grande Histoire…

 

Justement, on suit Joshuan Chapiro, un homme de 70 ans, qui va se souvenir de sa jeunesse et de sa rencontre avec Ham et qui justement, vous en parliez, est à l'origine de sa vocation. Comment est né ce personnage ? D'ailleurs, c'est étonnant en littérature jeunesse de mettre un héros de cet âge ?

Il y avait 60 ans des États-Unis à raconter. Il m'a paru intéressant d'éclairer cette histoire à la lumière d'aujourd'hui avec le recul, de me rendre compte qu'une rencontre dans notre enfance, dans notre adolescence, peux être déterminante dans la vie de tout un chacun et c'est ce que va raconter cet homme là, en fait.  C'est ce que fait cet homme, qui a rencontré Ham, est devenu plus tard primatologue et accepte de rencontrer plusieurs jeunes pour transmettre son savoir. La transmission c'était important pour moi. Quoi de mieux que l'image d'un vieux sage pour transmettre une histoire ?

 

On va parler aussi d'un autre roman, un début de trilogie qui sort en janvier, K comme Carafouille (éditions Zethel). Rien à voir avec 1749 Miles, c'est pour les plus jeunes…

Oui et 1749 miles, c'est un roman transgénérationnel dont on peut parler en famille. Pour Karafouille, c'est du pur roman pour les 9-12 ans. C'est amusant, c'est un peu pareil que pour 1749. J'étais vraiment sur une idée d'album avec une petite sorcière et puis assez vite, tout un univers m'est venu et ce n'était plus possible de l'exprimer par l'album. Mais je n'étais pas du tout prédisposé à me lancer sur un roman. Les idées sont venues presque en même temps que sur 1749. Je me suis dit : « Ne te bride pas, vas-y ! » Je n'avais pas d'éditeur. On me connaît sur les albums, et mes éditeurs sont plutôt des éditeurs d'albums. Donc, je n'ai pas écrit sous l'impulsion d'un éditeur. Quand j'ai eu 40 pages et que je me suis aperçue que je n'avais pas raconté la moitié de ce que je voulais dire : « Ben continu ! » Assez rapidement s'est imposée l'idée de la trilogie. J'avais vraiment envie qu'elle suive sa destinée de superhéroïne avec les mêmes codes que d'habitude : la perte des parents, la rencontre du mentor, le trouble du héros qui n'est pas certain de vouloir assumer ce rôle-là et qui va même flirter avec des choses plus sombre pour aller chercher la lumière. Les trois tomes sont construits comme ça…

 

Entre les albums et maintenant les romans, est-ce que le travail d'écriture pour vous est le même ?

Je ne me pose jamais la question de cette manière. Je pense que c'est juste une histoire que j'ai envie de raconter, un personnage qui s'impose. Le processus d'écriture est le même. J'ai un assez long travail de réflexion et puis d'un coup, il faut que ça sorte ! Mes plans sont assez clairs. Sur les romans du moins… Sur les collections, ma seule difficulté aujourd'hui, c'est de trouver le thème qui va embarquer tout le monde. Mais l'envie est la même…

 

Et maintenant, vous y avez pris du plaisir. Vous allez continuer les romans ?

J'ai pris beaucoup de plaisir, mais je ne suis pas sûr d'en écrire un cinquième, une fois que la trilogie sera sortie. Je ne suis pas sûre de rester sur ce mode d'expression du roman. Après, ce pourra être d'une autre manière : pourquoi pas à quatre mains ? 

 

En fait c'est le processus créatif qui vous amuse…

Oui, et la rencontre avec les personnages !

 

Justement, en parlant de rencontre, vous êtes publié par une petite maison d'édition pour 1749 miles, les éditions De plaines en vallées. Pourquoi ce choix ?

C'est une belle rencontre avec une éditrice qui s'appelle Raphaëlle Jessic, elle prend des risques, elle est courageuse. Des qualités importantes pour moi ! Pour 1749 miles sur les conseils de plusieurs de mes amis qui m'ont dit que je devais démarcher des maisons d'édition plus « prestigieuses ». Je l'ai fait, ils ont eu le manuscrit entre les mains et à chaque fois, cela a été :  « On ne sait pas où le classer !  Ce n'est pas ado, parce que le héros est une personne âgée. Ce n'est pas adulte, parce que l'on parle d'un enfant ». Mais la littérature, c'est quoi ? Une histoire, quand elle est bonne, et je le pense, les différents retours que j'ai eu m'ont conforté, elle ne doit pas rentrer dans une case ! J'ai passé ma vie à repousser les cases dans lesquels on voulait me mettre ! Aujourd'hui les libraires ont très bien compris en disant « C'est un livre qui va plaire aux enfants, mais que les parents vont leur voler… » 

Pour approfondir

photo Ricou Fred

   

Directeur de la rédaction jeunesse, Fred n'aime pas les enfants. Préfère leurs livres.

 

Mots clés :
chimpanzé - fabienne blanchut - roman - écriture

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